Connivence de classe

anarchie

En cette période de crise on entend beaucoup parler de complots, un schéma connu qu’on retrouve dans l’histoire moderne de l’Europe. En effet, quoi de plus normal pour un peuple qui se sent opprimé ou laissé pour compte de trouver une raison à ses maux et à minima de trouver une personne ou un groupe de personnes qui en est responsable. Il est bien plus facile de conceptualiser un « ennemi » qu’une idée.

Nous pouvons tous faire le constat et beaucoup le ressentent sans le verbaliser, nous vivons un moment charnière. Les masses commencent à apprécier les faiblesses du système et les inégalités qu’il opère. Mais au lieu de réclamer légitimement un partage plus juste des richesses et du travail une partie du mouvement trouve son impulsion avant tout dans la jalousie et semble dire « Je ne veux pas être aussi riche que lui, je veux qu’il soit aussi pauvre que moi ». Ce cheminement en amène beaucoup à trouver un bouc-émissaire qui selon eux profitent du système et à le stigmatiser, chacun venant avec le sien, certains seront animé par la xénophobie, d’autres par un fort ressentiments envers les plus fragiles (sans-abris, chômeurs, …) que l’on peut, peut être, facilement expliquer par une peur d’en faire partie. Il existe à mon sens autant de formes de jalousie qu’il existe de formes de frustration.

Certains vont plus loin en donnant à un groupe l’intention d’opprimer les autres et d’organiser le Monde en ce sens. Ce groupe sera selon le ressentiment de chacun; les juifs, les musulmans, l’impérialisme américain, les francs-maçons, … . L’idée qui en découle logiquement est qu’une fois l’ennemi responsable de tout les maux identifié il suffit de l’éliminer pour que tout rentre dans l’ordre. Idée souvent émise par des personne qui brandissent la liberté comme étendard, la logique n’ayant pas sa place quand on est de mauvaise foi. Pour eux, il commence alors à se distinguer deux groupes, ceux qui y croient et les autres. Comble de l’ironie, dans cette dualité se retrouve alors dans un même groupe des gens aux idées et aspirations totalement différentes. Dans le groupe des « croyants » mais surtout dans le groupes des « autres » qui devient un fourre-tout idéologique où est inclut jusque ceux qui ne souhaite pas prendre part au débat.

Il est normal de chercher la cause de ses maux. En revanche il est toujours dangereux de vouloir simplifier les débats à une dualité pour/contre. Participer à un débat en ayant à l’avance une position tranchée est pour le moins inutile, chacun exposant à son tour ses arguments mais ne faisant pas évoluer sa pensée, chacun repartira comme il est venu et le résultat en sera du temps perdu par chacune des parties.

Pour ma part, je pense que partie des maux de notre société provient d’une connivence dans les classes les plus aisées de la population. Il ne s’agit pas là à mes yeux du fait d’un complot mais simplement d’une structure qui s’étiole avec le temps. L’humain n’étant pas parfait et n’ayant, à mon sens, pas vocation à le devenir; il est normal que sa malice inée se fraye un chemin vers plus de confort et de simplicité qui pour moi sont les vrais moteurs du progrès. Quoi de plus normal et de plus rassurant que de s’entourer d’amis et de personnes que l’on connait. Peut-on parler de complot quand on favorise un ami face à un inconnu? Pourquoi reprocher à d’autres des choix que nous aurions aussi fait? Est-ce qu’avoir beaucoup d’argent implique un devoir moral?

Pour moi il ne faut pas s’attaquer aux personnes qui profitent de la structure, mais à la structure elle-même et c’est une perte de temps en plus d’être malsain et dangereux que de s’attaquer à des groupes quelqu’ils soient. Je trouve en revanche positif de s’interroger sur ses maux et de ne pas compter se laisser faire, mais il ne faut pas se tromper de combat ni d’ennemis, nous sommes tous dans le même bateau et à nous de transformer la galère en un magnifique yacht.

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